Pensées d'un esprit droit: et sentiments d'un coeur vertueux par Jean-Jacques Rousseau

Titre de livre: Pensées d'un esprit droit: et sentiments d'un coeur vertueux

Auteur: Jean-Jacques Rousseau

Broché: 58 pages

Date de sortie: October 1, 2016

Pensées d'un esprit droit: et sentiments d'un coeur vertueux par Jean-Jacques Rousseau

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Jean-Jacques Rousseau avec Pensées d'un esprit droit: et sentiments d'un coeur vertueux

On pense assez généralement qu’il est moralement impossible d’être heureux ; et à en juger par mon expérience, je serais de cette opinion. Cependant mes réflexions commencent à me convaincre que le bonheur n’est pas une chimère, lorsqu’on le cherche dans son propre intérieur, et non hors de soi.

Il faut, pour le trouver, n’avoir aucun reproche à se faire, et voir les défauts et les vices des hommes, sans leur en vouloir plus de mal.

Il ne faut haïr personne, parce que la haine est un tourment pour celui qui entretient cette passion dans son cœur. Il suffît de mépriser et de tolérer les méchancetés et les ridicules.
II.

Si, lorsque je me suis aperçu, pour la première fois, que j’étais trahi, j’avais eu la force de renoncer à la personne qui m’avait trompé, je me serais épargné à moi-même des reproches et à elle de nouveaux crimes. Mais j’ai voulu des explications ; elle m’a donné des assurances dont j’ai encore été sottement la dupe, et je lui ai fait ajouter des mensonges multipliés à la perfidie dont elle était coupable.
III.

C’est bien assez d’avoir contre moi mes remords pour le passé ; il faut du moins m’épargner le mépris de moi-même pour l’avenir[1].
IV.

Quand on n’agit que par le bas motif de l’amour de l’argent, on ne met jamais dans ses actions aucune vérité, ni dans son zèle aucun véritable attachement.
V.

Il n’y a qu’un moyen assuré pour détruire dans son cœur une passion aussi violente que l’amour : c’est de se séparer de la personne qui en est l’objet. Sa présence est un aliment continuel qu’on fournit à un feu mal éteint.
VI.

On vous accablera de protestations d’attachement et de reconnaissance, tandis qu’on attendra quelque chose de vous ; mais, si l’on croit n’avoir plus rien à espérer, on vous abandonnera sans pudeur et sans regret[2].
VII.

Les lois divines et humaines ont établi, entre des gens mariés, la supériorité de l’homme et la dépendance de la femme. Mais, pour engager celle-ci à se soumettre sans répugnance, il faut que le mari n’en exige rien qui ne soit raisonnable.

Rien n’est plus dangereux que l’autorité en des mains qui ne savent pas en faire usage.
VIII.

L’orgueil est le vice qu’on pardonne le moins ; il blesse essentiellement l’amour-propre. L’orgueilleux ne peut être ni affable ni reconnaissant. Ce n’est qu’en nous abaissant qu’il cherche à satisfaire sa hauteur.

On redoute l’orgueil des grands seigneurs, parce qu’ils peuvent nuire. On méprise celui des personnes sans crédit et sans pouvoir, parce que leur sotte fierté ne peut porter préjudice à personne.


IX.

Le commerce de la vie civile exige des secours mutuels et des complaisances réciproques. Ne vouloir jamais prendre sur soi et toujours sur autrui, est le projet le plus injuste et le plus extravagant.

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